mardi 30 septembre 2014

L'uniforme blanc -- Jean Follain (1903 - 1971)



L'on ramena le fils du paysan,
dans l'uniforme blanc de Fontenoy,
près de sa mère,
par un fruste matin plein de cailles.

Au ciel point de quadrige ailé.

Il râla dans la chambre où les oignons sèchent
dans le calme des murs chaulés.
Ô soldat laboureur à l'uniforme blanc,
ce blanc crissait en moi
comme la craie du collège.

 

Étonnante évocation de la Grande Guerre "à hauteur d'enfant", ce poème fait partie de La main chaude, le premier recueil de Jean Follain, publié en 1933 (repris dans Usage du temps, Poésie Gallimard).


mercredi 17 septembre 2014

Otwornice -- Wisława Szymborska



No cóż, na przykład takie otwornice.
Żyły tutaj, bo były, a były, bo żyły.
Jak mogły, skoro mogły i jak potrafiły.
W liczbie mnogiej, bo mnogiej,
choć każda z osobna,
we własnej, bo we własnej
wapiennej skorupce.
Warstwami, bo warstwami
czas je potem streszczał,
nie wdając się w szczegóły,
bo w szczegółach litość.
I oto mam przed sobą
dwa widoki w jednym:
żałosne cmentarzysko
wiecznych odpoczywań
czyli
zachwycające, wyłonione z morza,
lazurowego morza białe skały,
skały, które tu są, ponieważ są.

(in Tutaj
Znak, 2009)








La Scala dei Turchi, en Sicile



Foraminifera

Why not, let's take the Foraminifera.
They lived, since they were, and were, since they lived.
They did what they could since they were able.
In the plural since the plural,
although each one on its own,
in its own, since in its own
small limestone shell.
Time summarized them later
in layers, since layers,
without going into details,
since there's pity in the details.
And so I have before me
two views in one :
a mournful cemetery made
of tiny eternal rests
or,
rising from the sea,
the azure sea, dazzling white cliffs,
cliffs that are here because they are.



(in Wisława Szymborska
Traduit par Clare Cavanagh et Stanisław Barańczak
Mariner, 2012)

Scopitone 2014


C'est parti à Nantes, et bien parti, pour le festival Scopitone !

Très beau concert / performance de Ryoji Ikeda ("Superposition") ; toujours ce calage impeccable entre les images et le son, toujours ce son abstrait et terriblement aride, toujours cette absence de rythmique lisible, cette omniprésence de l'accident numérique. J'aurais mieux fait d'aller voir son installation ("Supersymmetry", au Lieu Unique) avant ce concert.



Et ne manquez pas The Tenth Sentiment, l'installation de Ryota Kawabuko (image ci-dessus), ou comment un petit train électrique peut vous faire passer dix minutes en apesanteur (au Château des Ducs de Bretagne) !