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mardi 12 juin 2018

Un parfum d'aura


En retrouvant les premières Disintegration loops (dlp) de Basinski sur Bandcamp me sont revenues en mémoire d'autres œuvres, dans d'autres domaines, qui elles aussi travaillent autour de la disparition / désintégration ; certains travaux d'Araki à partir de tirages de négatifs abimés (Shijyo), les altérations vidéo de Jürgen Reble, Breizhiselad d'Eric Cordier, par exemple, tant d'autres travaux qui nous retiennent par la marque d'une absence mais en un sens particulier qui n'est pas celui du manque mais celui de la trace, présente et qui néanmoins nous échappe en s'effaçant. 
C'est à propos des œuvres d'art (et d'elles seulement si ma mémoire est bonne) que Benjamin introduit la notion d'aura comme "l’unique apparition d’un lointain, si proche soit-il". 
Ce qui nous retient dans ces œuvres est bien de l'ordre de l'aura au sens où ce qu'elles manifestent pourrait se résumer ainsi : "il y a qu'il y a eu".
Cependant, la perspective a changé ; ce qui nous retient, ce n'est pas le miracle que filtre encore vers nous quelque chose de ce qui fut, ce qui nous retient, c'est seulement ce sentiment que quelque chose fut et sous nos yeux disparaît lentement, ce mystère de la disparition ; ce qui nous retient, c'est un acte d'accusation contre l'hypermnésie du monde.


lundi 29 mai 2017

Video ergo sum, rétrospective Peter Campus


C'était au Musée du Jeu de Paume ; la rétrospective reprenait les trois mouvements de l’œuvre de Peter Campus, la mise en question de l'image électronique, le renfermement en studio, l'immobilité et le noir, la sortie de la caverne et le retour à l'image animée, numérique.






De ces trois mouvements, le premier me semble le plus fécond, mettant en jeu l'image en mouvement du spectateur / acteur et jouant sur les modes possibles du décalage de l'image électronique (spatial, temporel), ce qui pourrait constituer le fondement d'une authentique "éducation à l'image".




jeudi 16 mars 2017

New York City 1986 -- Steven Siegel


Excellente pioche de Aeon que de redonner accès à cette vidéo de Steven Siegel !

C'est ici.

C'est le New York pre-Giuliani, pre-Bloomberg ... un autre monde !

Steven Siegel, Bowery and Houston Street 80's

C'était sans doute plus exactement Lafayette and Houston, un bloc à l'ouest ; aujourd'hui, cela ressemble à cela (et encore, la station service a laissé place l'an dernier à un rutilant immeuble de bureaux ...) :

Lafayette and Houston, 2016

Impossible de regretter ces quartiers vraiment difficiles ; je suis retourné "en pélerinage" sur 6th Street, D Avenue, où l'éphémère Neither Nor ouvrait son sous-sol au milieu des décombres d'immeubles incendiés : il fait indéniablement bon vivre à cet endroit aujourd'hui, aucun rapport avec ce qu'il était en 1986 (une piqure de rappel, ici).

Reste néanmoins une question, et cette question c'est : où sont passé ces gens qui habitaient ces quartiers, où sont passé leurs enfants ?

lundi 12 mars 2012

Dobro, piękno i prawda -- Balbina Bruszewska

 

Le Bon, le Beau et le Vrai

 
Un petit film d'animation cruel et poétique datant de 2010 ; la barrière de la langue ne devrait pas être un problème.

Sur la réalisatrice, voir ici et .


mardi 23 août 2011







Les autres morceaux et vidéos valent aussi le détour !
Découvert via l'excellent Foxy Digitalis.


vendredi 10 septembre 2010

Omega point -- Don Delillo


24 hour Psycho
(source)

Autant le dire d'entrée, Don Delillo ne m'a jamais vraiment intéressé. Mais pas au point de ne pas consacrer quelques heures d'attente dans un aéroport à Omega point, son nouveau roman.

Surprise, cela commence bien ; vraiment très bien, avec une analyse très poussée et très fine du sentiment qu'on pouvait éprouver devant l'installation
24 hour Psycho de Douglas Gordon (qu'on avait pu voir à Paris en 2000 au Musée d'Art Moderne), une version (sans bande-son, et pour cause) du film d'Hitchcock projetée à l'extrême lenteur de 2 images/s ; du moins pour ceux qui voulaient bien s'arrêter pour ressentir ce qui résultait de cette quasi-immobilisation du temps du film, pour analyser les modifications que ce mouvement arrêté produisait sur nos perceptions. Ce premier chapitre est ce que j'ai lu de plus pénétrant en matière de critique au sujet de cette installation.

Après ... hé bien après, le Don Delillo romancier reprend le dessus, illustre lourdement ce qu'il avait si finement analysé au premier chapitre, pontifie à loisir (on est bien peu de choses quand le destin frappe à la porte etc), le tout au milieu de quelques remarques certes justes mais un peu éculées sur le temps et le désert. Ha oui, il y a bien sûr un neocon en rupture de Pentagone, des considérations sur la guerre comme haïku et tutti quanti. Business as usual ! Ou, pour citer cette quatrième de couverture en forme de pavé de l'ours :
Plus énigmatique que n'importe quel secret-défense, plus assourdissant que le fracas des guerres, ce roman en forme d'arrêt sur image édicte la sidération du signe face à la langue impitoyablement étrangère que, depuis les origines, profère la matière qui donne forme à l'univers. Du lourd, baby ...

Que cela ne vous empêche surtout pas de lire ce premier chapitre ! C'est de la très grande critique. Pourquoi Don Delillo n'en écrit-il pas plus souvent ?

(traduit par Marianne Véron, aux éditions Actes Sud)


samedi 31 octobre 2009

Supposed aura


Ce n'est pas si courant de croiser quelqu'un dont le regard vous arrête.

jeudi 27 août 2009

Crossroads -- David Blandy



Depuis The barefoot lone pligrim, David Blandy déploie un univers attachant où son amour pour la culture populaire, et tout particulièrement pour la musique soul, sert de fil conducteur.

Crossroads, son dernier travail, hommage à Robert Johnson, était au 176 Project Space à Londres cet été (fini depuis le 16 Août ...). Un travail qui dévoile une profondeur qu'on sentait déjà poindre derrière son clownesque personnage de White and Black Minstrel; l'acte de naissance du Minstrel en quelque sorte.




A voir, si l'occasion se présente, pour tous ceux à qui Is it because I'm black ? dit quelque chose !



mercredi 29 juillet 2009

BLU



Un réjouissant collectif de graphistes (graffeurs) italiens.