Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est divers. Afficher tous les articles

jeudi 13 novembre 2014

mardi 24 janvier 2012

En chinois, "Aral" se dira-t-il "Poyang" ?



Le lac Poyang, ex-plus grand lac d'eau douce de Chine


Le Yang Zhi (Fleuve Bleu), un des trois géants qui dévalent du Tibet par l'est (avec le Mékong et la Salouen) semble avoir bien du mal à maintenir en vie ses écosystèmes en aval du barrage des Trois Gorges.

Officiellement, ce furent tout d'abord les températures élevées qui furent rendues responsables de l'évaporation du lac, transformé, toujours officiellement en une "vaste prairie". Vaste, en effet. Depuis, et toujours officiellement, c'est une sécheresse persistante ; de sécheresse à assèchement par incurie, il n'y a plus qu'un pas.

En souhaitant au lac Poyang d'avoir une nouvelle chance, même petite, comme le lac Mono ...

lundi 2 janvier 2012

Ceremonial costumes of the Pueblo Indians -- Virginia More Roediger


... est en ligne !

Pour mettre des couleurs sur les "gentle spirits with yucca whips waiting / as you learn to walk" de Wendy Rose.



vendredi 2 décembre 2011

Brinicle = Brin[e ic]icle





L'explication est : pompage de la chaleur (relative ... -2°C) de la mer vers l'air froid (-20°C) à travers une colonne creuse de saumure gelée qui s'enfonce car plus dense (plus forte concentration de sel) que l'eau environnante. Le film est accéléré, le processus entier prend plusieurs heures.
  

jeudi 1 décembre 2011

Objectivité ...


Frétillant d'objectivité, ce commentaire en forme de pavé de l'ours à propos du discours de Toulon (2011 remix) :
 
18 h 42 - Ce discours s'annonce plus long que celui de septembre 2008. Le texte distribué à la presse fait onze pages, contre neuf en 2008.

Tout y est ; rien à ajouter.

lundi 28 novembre 2011

mercredi 21 septembre 2011

Six Provocations for Big Data -- danah boyd, Kate Crawford

  
Obesity Is ‘Socially Contagious,’ Study Finds
(source)
 

A social network map of 2,200 people, the largest group of connected individuals in the Framingham Heart Study, in the year 2000. Each circle represents one person, and the size of each circle is proportional to that person's body-mass index (BMI). Yellow circles indicate people who are considered medically obese and green circles indicate people who are not obese. 
Lines indicate family and friendship ties.
Figure courtesy of James Fowler, UC San Diego.





L'étude ci-dessus (encore qu'on soit plutôt dans le "small data") et les conclusions qui en sont tirées pourraient servir d'illustration au papier de boyd et Crawford ... au milieu de milliers d'autres.

"In this essay, we are offering six provocations that we hope can spark conversations about the issues of Big Data. Social and cultural researchers have a stake in the computational culture of Big Data precisely because many of its central questions are fundamental to our disciplines. Thus, we believe that it is time to start critically interrogating this phenomenon, its assumptions, and its biases."

  1. Automating Research Changes the Definition of Knowledge
  2. Claims to Objectivity and Accuracy are Misleading
  3. Bigger Data are Not Always Better Data
  4. Not All Data Are Equivalent
  5. Just Because it is Accessible Doesn’t Make it Ethical
  6. Limited Access to Big Data Creates New Digital Divides


L'article complet est accessible en ligne, ici. Le blog de danah boyd est depuis ses débuts une mine pour ceux qui s'intéressent à l'expansion du monde digital.

mardi 20 septembre 2011

A toutes fins utiles :


"Le 7 septembre, le recteur de l’Université d’Etat de la ville de Tyumen Gennady Chebotarev, a signé un décret sur le licenciement de l’enseignant de l’UFR de traduction et de la traductologie, docteur en sciences philologiques Koutouzov Andrey. Andrey, anarchiste, membre du mouvement « Action autonome » (AD), a été condamné, ce printemps, à une peine de deux ans avec sursis suite à l’affaire préfabriquée d’« extrémisme ». Cependant, le tribunal ne lui a pas interdit d’enseigner. Malgré cela, l’université où travaille Andrey, a finalement cédé sous la pression des forces spéciales et l’a licencié pour « une faute immorale »."

(source ; les versions russes et anglaises sont plus complètes)



Une pétition circule pour demander le rétablissement d'Andrei Kutuzov dans son poste ; elle est ici.


Computational linguists of the world, unite !
(sans exclusive, bien sûr, à l'égard des autres "linguists" ou "computationalists" ...)


mardi 23 août 2011

Inside Fukushima -- Kazuma Obara




Quelques images d'un reportage non autorisé de Kazuma Obara sur le site de la centrale de Fukushima, ici.



lundi 1 août 2011

mercredi 1 juin 2011

... silence ...






Tais-toi, l'ennemi ne t'écoute pas.





(Piergiorgio Bellocchio, cité par Jean-Marc Mandrosio dans la présentation de Nous sommes des zéros satisfaits, EdN, 2011)

mercredi 18 mai 2011

Fukushima : le lampiste enfin démasqué !


On avait failli attendre ... mais tout vient à point : on a trouvé le lampiste.

Mix & Remix (source)



Amusante la façon qu'a Le Monde, quotidien de "référence" dont les articles sont le signe irréfutable de la perte des repères, de répéter ce qu'on (apparemment l'AFP citant Tepco) lui dit. 

Amusante ... si le contexte ne prêtait guère à rire :




Fukushima : Tepco évoque la piste d'une erreur humaine sur le réacteur 1

La fusion du cœur du réacteur 1 de la centrale de Fukushima, au Japon, pourrait avoir été causée par une erreur humaine, révèle mercredi 18 mai le Japan Times. Le quotidien se fonde sur des documents internes de la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power Co. (Tepco), opérateur de la centrale nucléaire accidentée, qui remettent en cause de précédentes conclusions du gouvernement japonais.
Grâce à de nouvelles mesures, l'opérateur s'était récemment rendu compte que le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 avait vraisemblablement fondu, faute d'avoir été immergé durant plusieurs heures après l'anéantissement des systèmes de refroidissement par le tsunami. Causé par un séisme de magnitude 9, la vague géante qui a touché le nord-est du Japon le 11 mars a déclenché le pire accident nucléaire depuis Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans. 
"Le système de refroidissement d'urgence du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima 1 a probablement été fermé manuellement avant que le tsunami ne touche [le Japon] le 11 mars", indique le quotidien. "Une partie du système de refroidissement, connu comme étant le condensateur d'isolation, était à l'arrêt pendant trois heures, ce qui a pu contribuer à la fusion du cœur du réacteur", précise le Japan Times.
Selon les documents internes et les données rendus publics lundi par Tepco, le plus grand fournisseur d'électricité du Japon, le condensateur d'isolation pourrait avoir été fermé manuellement vers 15 heures, le 11 mars, soit peu de temps après que les effets du séisme se furent fait sentir, à 14 h 56. Le tsunami a frappé la centrale vers 15 h 30. Le condensateur d'isolation est conçu pour injecter de l'eau dans le réacteur pendant les huit heures qui suivent une coupure d'électricité affectant le principal système de refroidissement.
"Il est possible qu'un ouvrier ait fermé manuellement la valve [du condensateur d'isolation] pour empêcher une chute brutale de température, comme cela est stipulé dans le manuel d'opération", a confirmé un porte-parole de la société Tepco, Hajime Motojuku, au Japan Times.

Le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano, a réagi mardi à ces révélations lors d'une conférence de presse après en avoir eu vent "par voie de presse". "Nous avons demandé à l'agence gouvernementale de sûreté industrielle et nucléaire [NISA, qui gère les opérateurs de centrales nucléaires] et à d'autres organismes de fournir des analyses et des rapports détaillés" à ce sujet, a-t-il déclaré. La NISA a exhorté mardi l'entreprise Tepco à lui fournir une explication détaillée d'ici au 23 mai.
(...)



"Save our earth from nuclear pollution"
affiche de Hasegawa Yukata



Relisons : l'employé qui aurait ("il est possible qu(e)") fermé cette vanne "comme cela est stipulé dans le manuel d'opération" (lequel manuel est l'équivalent dans une centrale de la Bible en pays Amish et pas une vulgaire version de l'almanach Vermot) aurait donc commis une erreur ?

Relisons, relisons ... oui, c'est bien cela, c'est ce qu'il faut comprendre, sans aucun doute.

Donc, suivre le manuel d'opération est une erreur humaine. Voilà qui ouvre enfin la voie à une gestion créative des opérations !

Et s'il fallait à l'employé en question un don de prescience suffisant pour anticiper que cette fermeture (coupant un système de refroidissement passif) entrainerait quelques heures plus tard des problèmes insolubles suite au tsunami qui allait mettre hors service l'ensemble de l'alimentation électrique et par là le système refroidissement actif du cœur, cela augure mal des niveaux de recrutement dans le nucléaire ...

Le manuel d'opération stipulerait-il qu'en cas de tsunami, il est impératif de rouvrir la vanne ? Ou du moins qu'en cas de perte totale du système de refroidissement il était impératif de rouvrir cette vanne si par extraordinaire elle avait été fermée auparavant ? Il n'y a qu'à ce genre de conditions qu'une "erreur humaine" pourrait être invoquée.

Sauf que les manuels, même complets et bien conçus, ne peuvent maîtriser la combinatoire des dépendances sur des systèmes aussi complexes dans des conditions extrêmes (mais pas imprévisibles).


- Que pourrait-il arriver de pire maintenant ?
- Que les autres n'en tirent aucune leçon.
Schneider (source)


jeudi 14 avril 2011

Toujours de la lecture ...


Deux blogs (anglophones) d'un même auteur :


Très chaudement recommandé tous les deux et surtout le second, consacré au cinéma auquel j'emprunte l'image ci-dessous, extraite d'Oratorio pour Prague de Jan Němec :





lundi 21 mars 2011

Journée mondiale de l'eau (demain) -- Altan


- Privatiser l'eau, c'est comme privatiser l'air !
- Du calme : chaque chose en son temps.

dimanche 16 janvier 2011

Méli-mélo


La boite à outils refermée, voici un funambule pour poursuivre la conversation sur l'urbanisme, l'architecture et leurs alentours (c'est à dire nous, entre autres).


Pour les anglophones, pas mal de "french theory (reload)" dans Total Assault on Culture. Un bon échantillon, ici ... quand bien même ce serait à propos de Ray Brassier :

Here is my exegesis of Ray Brassier’s compelling conjectural reversal that moves from thinking Capital to the bold conclusion that Capital thinks. In his text ‘Nihil Unbound: Remarks on Subtractive Ontology and Thinking Capital’ he grapples with how it might be possible to think Capital by providing an objective determination-in-the-last-instance. Beyond the Marxist analysis of the dynamics of accumulation, Brassier draws on recent philosophical insights in continental thought, mathematics and informational theory that appear eminently useful supplementing our conceptualization of Capital as a dynamic that refuses totalization. In order to achieve this he examines the subtractive ontology of Alain Badiou — turning his attention to precisely that which Badiou’s axiomatic set-theory elides — reconciling it with the profound diagnosis of capitalism as auto-axiomatic by Deleuze and Guattari. He then supplements this with the innovative informational theory and epistemological sophistication of mathematician Gregory Chaitin — namely in his work on uncomputable reals — in turn making Capital’s unthinkability and uncomputability intelligible.

Bon, vous voilà prévenus !


La Énième Position parle de tout, de tout (en anglais), y compris de poésie ! Voir en particulier cet "entretien posthume" avec Daniil Kharms.


Soundcloud ?  Industrial music (and more) for industrial people (and others) ! Échantillon avec la page du tokyoïte Himuro Yoshiteru.

samedi 25 décembre 2010

Mauvaise impression ...


J'étais déjà tout heureux de trouver en rayon un exemplaire de La mort de Virgile de Hermann Broch (publié en 1945) que je souhaitais offrir ; histoire de retrouver le plaisir de se laisser glisser dans le fleuve de pur verbe de la dernière section, je me cale dans un coin et ... las ! ...  les lignes sur la page sont si serrées, l'impression de si mauvaise qualité, les caractères si grisâtres, pâlichons et vaguement flous ... la lecture devient un pénible exercice de déchiffrement d'autant que le paragraphe chez Broch peut allègrement faire plusieurs pages et n'offre donc aucun repère visuel auquel se raccrocher dans ce brouillard typographique.

Dis, Mr Gallimard, pour Noël 2011, tu ne pourrais pas en refaire une version déchiffrable ? L'édition allemande en poche chez Suhrkamp pourrait servir de modèle.

La Mort de Virgile, Hermann Broch, L'Imaginaire/Gallimard (9.50€ ; ajouter l'acquisition d'une règle pour permettre la lecture)

mardi 23 novembre 2010

Encore un peu de lecture ?


La New York Review of Books a une édition en ligne.

Long Live the Web: A Call for Continued Open Standards and Neutrality -- Tim Berners-Lee


Excellente synthèse des dangers qui menacent le Web comme il a été pensé depuis le début des années 90, ce qui ne fait après tout que 20 ans ... on pourrait remonter un peu plus haut dans le temps avec finger archie et compagnie ; cela ne nous mènerait pas plus de dix ans plus tôt !


"The Web as we know it, however, is being threatened in different ways. Some of its most successful inhabitants have begun to chip away at its principles. Large social-networking sites are walling off information posted by their users from the rest of the Web. Wireless Internet providers are being tempted to slow traffic to sites with which they have not made deals. Governments—totalitarian and democratic alike—are monitoring people’s online habits, endangering important human rights.
If we, the Web’s users, allow these and other trends to proceed unchecked, the Web could be broken into fragmented islands. We could lose the freedom to connect with whichever Web sites we want. The ill effects could extend to smartphones and pads, which are also portals to the extensive information that the Web provides.
Why should you care? Because the Web is yours. It is a public resource on which you, your business, your community and your government depend. The Web is also vital to democracy, a communications channel that makes possible a continuous worldwide conversation. The Web is now more critical to free speech than any other medium. It brings principles established in the U.S. Constitution, the British Magna Carta and other important documents into the network age: freedom from being snooped on, filtered, censored and disconnected.
Yet people seem to think the Web is some sort of piece of nature, and if it starts to wither, well, that’s just one of those unfortunate things we can’t help. Not so. We create the Web, by designing computer protocols and software; this process is completely under our control. We choose what properties we want it to have and not have. It is by no means finished (and it’s certainly not dead)."



Graphe d'un crawl (partiel !) du web (source)


Anyway ... happy birthday WWW !


Équité ...


Sans doute le mot le plus galvaudé des réunions entre managers ! Entre ceux qui affirment hautement qu'équitable ne veut pas dire égal sans fournir de plus ample information sur ce que serait positivement l'équité et ceux qui "sentent confusément" qu'on entre là nécessairement dans un domaine que les règles en vigueur ne balisent plus ("hic sunt leones" disaient les cartes anciennes de ces territoires), il y a de quoi entretenir et la conversation et la confusion.


Aristote s'était pourtant attelé à la tâche dans l'Ethique à Nicomaque en particulier :


Il convient à présent de voir quel rapport existe entre la justice et l’équité, entre ce qui est juste et ce qui est équitable. Car on trouve, en les considérant avec attention, que ce n’est pas une seule et même chose, quoiqu’il n’y ait pas de différence spécifique de l’une à l’autre. Il y a des circonstances où nous louons ce qui est équitable, et l’homme qui a ce caractère; en sorte qu’en certains cas, nous employons l’expression plus équitable, au lieu de bon ou juste, pour manifester notre approbation ; donnant à entendre par là que la chose est mieux ainsi. D’un autre côté, à ne consulter que la raison, si ce qui est équitable est quelque chose qui s’écarte de la justice, il semble assez étrange qu’on lui donne son approbation. Car, enfin, ou le juste n’est pas conforme à la vertu, ou ce qui est équitable n’est pas juste (s’il est autre chose) ; ou bien, si l’un et l’autre sont conformes à la vertu, ils ne sont qu’une même chose. Voilà précisément ce qui fait naître le doute et l’embarras au sujet de ce qu’on appelle équitable. Cependant ces expressions sont toutes exactes sous un certain point de vue, et n’ont rien de contradictoire. Car ce qui est équitable, étant préférable à une chose juste d’une certaine espèce, est assurément juste; et, puisqu’il n’est pas une espèce autre ou entièrement différente du juste, il est préférable au juste. Le juste et l’équitable sont donc (en ce sens) une même chose, et comme l’un et l’autre sont conformes à la vertu, l’équitable mérite la préférence.

Ce qui fait la difficulté, c’est que l’équitable, bien qu’il soit juste, n’est pas exactement conforme à la loi ; il est plutôt une modification avantageuse du juste qui est rigoureusement légal. Cela vient de ce que toute loi est générale , et qu’il y a des cas sur lesquels il n’est pas possible de prononcer généralement avec une parfaite justesse. Et, par conséquent, dans les choses sur lesquelles la loi est obligée de s’expliquer d’une manière générale, quoique ses décisions ne soient pas susceptibles d’une extrême précision, elle embrasse ce qui arrive le plus communément, sans se dissimuler l'erreur de détail [qui peut résulter de ses décisions] ; elle n’en est pas moins ce qu’elle doit être, car l’erreur ne vient ni de la loi, ni du législateur, mais de la nature même de la chose, puisque la matière des actions humaines est précisément telle.

Lors donc que la loi s’explique d’une manière générale, et qu’il se rencontre des circonstances auxquelles ces expressions générales ne peuvent pas s’appliquer, alors on a raison de suppléer ce que le législateur a omis, ou de rectifier l’erreur qui résulte de ses expressions trop générales, en interprétant ce qu’il dirait lui-même s’il était présent, et ce qu’il aurait prescrit par sa loi s’il avait eu connaissance du fait. Voilà pourquoi il y a une justice préférable à la justice rigoureuse dans tel cas particulier; non pas à la justice absolue, mais à celle qui prononce en des termes absolus, qui dans ce cas sont une cause d’erreur; et telle est précisément la nature de l’équité ; elle remédie à l’inconvénient qui naît de la généralité de la loi. Car ce qui fait que tout n’est pas compris dans la loi; c’est qu’il y a des cas particuliers sur lesquels il est impossible qu’elle s’explique: en sorte qu’il faut avoir recours à une décision particulière ; car la règle de ce qui est indéterminé doit être elle-même indéterminée. Comme ces règles de plomb dont les Lesbiens font usage dans leurs constructions , et qui, s’adaptant à la forme de la pierre, ne conservent pas l’invariable direction de la ligne droite; ainsi les décisions particulières doivent s’accommoder aux cas qui se présentent.

On voit donc ce que sont l’équitable et le juste, et à quelle sorte de juste il est préférable; et l’on voit encore par là ce qu’est un homme équitable: c’est celui qui , dans ses déterminations et dans ses actions, sait s’écarter de la justice rigoureuse quand elle peut avoir des inconvénients, et qui, s’appuyant toujours sur la loi, sait en adoucir la rigueur. Cette habitude ou disposition d’esprit est précisément l’équité : c’est une sorte de justice, ou une habitude qui ne diffère réellement pas de la justice.

(Livre V, section X, La justice





Il faudrait aussi citer les sections III (sur la justice distributive) et IV (sur la justice de compensation) ; comme le management a plus souvent à faire à la justice distributive, on se contentera de retenir que cette justice se fonde sur la règle de proportionnalité : c'est justice que tel qui a contribué deux fois plus à la production d'un bien commun deux fois plus que les autres en jouissent deux fois plus.

Mais qui dit proportion dit mesure, dit critère unique selon lequel juger ... Est-ce justice, pour reprendre l'exemple ci-dessus, de ne prendre en compte que la contribution et de négliger la progression ? Toute personne débutant sur une tâche doit-elle nécessairement subir la conséquence de sa moindre efficacité ?

C'est ici qu'on peut peut-être se simplifier la vie en pensant aux sphères de justice de Michael Walzer (et en simplifiant outrageusement le propos mais entre managers on n'a guère le choix ...) : chacune de ces sphères représente un régime de mesure cohérent et ces différents régimes sont irréductibles entre eux (plus précisément, il importe de veiller à ce que ces régimes soient irréductibles entre eux et qu'un avantage dans une sphère -- celle du patrimoine, au hasard -- ne provoque pas mécaniquement un avantage dans une autre -- celle de la politique, au hasard encore, bien sûr). 

L'égalité est le régime de justice à l'intérieur de chacune des sphères : traiter de façon égale ce qui est égal et donc de façon proportionnée ce qui est inégal (du moins pour la justice distributive). Ce régime peut être assez largement balisé, "objectivé", par les règles en vigueur (atteinte des objectifs, difficulté des objectifs, etc) ; du moins, on le supposera ... entre managers !

Dans ce point de vue, tout autre est le rôle de l'équité : il s'agit de choisir comment prioriser les différentes sphères entre elles et, comme elles sont par principe incommensurables entre elles,  il ne saurait s'agir d'une sorte de "pondération générale" qu'on pourrait appliquer à tous : il s'agit bien de prioriser entre sphères et cette priorisation ne peut se faire que pour chaque cas particulier. Hic quidem sunt leones !