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mercredi 16 août 2017

Fuck work -- James Livingston


(une affiche de 1943)

 Cela fait du bien de le voir écrit tout simplement :

Most jobs aren’t created by private, corporate investment, so raising taxes on corporate income won’t affect employment.

Le reste est à lire ici.

mardi 19 avril 2016

Crôassance ?



Lannion (22) - 19-04-2016



jeudi 30 juillet 2015

mercredi 19 novembre 2014

Somaland -- Eric Chauvier


Participer à une enquête d'utilité publique (1), ne serait-ce que pour un malheureux (dans tous les sens du terme (2)) remembrement laisse une curieuse impression : on se prend surtout à espérer que sur des sujets plus graves, les choses sont menées avec plus de sérieux.

(1) En tant qu' "intervenant" comme le rapportent les comptes-rendus : il y a en effet ceux qui ont des noms et les autres. Les "intervenants" "s'interrogent" (on est correct dans les comptes-rendus mais on sent parfois que c'est le mot "éructent" que les rédacteurs ont à l'esprit), les "bien nommés", eux, "répondent", "précisent", "nuancent" etc ; la mise en scène du savoir se déversant sur l'ignorance est le cadre obligé de tels comptes-rendus.
(2) Après tout, que quelques kilomètres de nouveaux talus soient "couverts" d'éthiques rameaux espacés d'un bon mètre et dont la moitié sont déjà morts, que ces nouveaux talus, sans doute rétifs aux injonctions administratives, aient transformé leur côté amont en profond marécage ... jusqu'à ce que les agriculteurs, soudain conscients qu'il n'y a plus de bois à couper sur les anciens talus mis à bas et que le maïs n'est pas une plante lacustre, les défoncent pour améliorer un écoulement que ces talus se devaient effectivement d'empêcher, il n'y a pas mort d'homme.

Et puis, à la lecture des arguments des élus défenseurs du barrage de Sivens (ici, par exemple), un doute s'installe, une impression de déjà-entendu : "tout a été fait dans les règles, tout est légal, démocratie, justice, état de droit etc" ... certes, l'argument de la légalité de l'ensemble d'une procédure n'est pas négligeable mais, si tout a été fait avec la même absence de sérieux, la même tranquille assurance à s'asseoir sur les avis "consultatifs" quand ils sont négatifs, la légalité ne sert plus que de cache-sexe.

On se dit quand même qu'on a sans doute été témoin d'un cas isolé, et puis on tombe sur Somaland. Vous trouverez deux comptes-rendus de cet excellent petit livre ici et .

Au compte-rendu d'enquête qui expose l'opacité des procédures de gestion des risques et leurs zones d'ombres volontairement construites, Eric Chauvier superpose un dispositif supplémentaire qui intensifie le caractère de "réalité fictionnelle" : les noms de personnes, de lieux, d'entreprises, sont fictifs ce qui n'est pas si courant dans un compte-rendu d'enquête qui précise que les conversations sont enregistrées, en précise le détail des intonations et note même le langage corporel (sans oublier les polices et couleurs de l'indispensable Powerpoint) ; on en vient à douter même des noms des produits chimiques (le silène, par exemple, qui est une vaste famille et non un produit spécifique) et la folle hypothèse de zombification préméditée des populations défavorisées contamine le lecteur qui ne sait plus s'il lit une fiction avec de vrais morceaux de réalité dedans (lesquels ?) ou un compte-rendu étrangement anonymisé (est-ce un jeu de piste ?).

N'empèche ... tout n'est pas négatif ; depuis la parution du livre (2012), la cartographie semble avoir fait d'impétueux bonds en avant. Fini le crayon de couleur, vive la pixellisation, d'ailleurs l'intervenant "méta-géographe" l'avait prévu, cela a indubitablement amélioré la situation : 
 





(Eric Chauvier, Somaland, Allia, 2012)


jeudi 13 novembre 2014

"À peine"

Selon une antique légende, reportée dans la tradition cabaliste, l'au-delà se distinguerait bien peu du monde d'ici-bas et il n'est nullement besoin de tout détruire pour donner naissance à un monde nouveau. Il suffirait de très légers déplacements. Ainsi pour opérer cette révolution discrète, il faudrait à peine déplacer cette tasse, à peine cette pierre, à peine cette feuille. Toute jeune fille au miroir sait bien de quoi nous parlons. Il lui faut se tourner un peu de côté, et sourire de biais pour se révéler dans sa beauté recouvrée. L'artiste n'a pour autre fonction que de réaliser ces gestes infimes et ces déplacements. Après tout, il a suffi que Cézanne ou Morandi déplacent à peine ces tasses, Dürer et Bellini, à peine ces pierres, et Poussin, à peine cette feuille, pour nous révéler des mondes. Il reste que l'expression dit aussi bien la légèreté inaperçue du geste que sa difficulté et son poids.


Unraveling Morandi (installation)



Voilà ... c'est juste une toute petite note de bas de page de l'introduction que Martin Rueff donne à la traduction (par Maxime Rovère et Martin Rueff) du livre de David Graeber, Des fins du capitalisme (Possibilités I) chez Payot et cela donne une bonne mesure de l'intelligence de ce volume.

jeudi 4 septembre 2014

naked truth !


En relation avec l'article d'Ethan Zuckerman  ...
 
“The junk merchant doesn’t sell his product to the consumer, he sells the consumer to his product. He does not improve and simplify his merchandise. He degrades and simplifies the client.”

William S Burroughs, “Naked Lunch” (1959)


Is global collapse imminent ? -- Graham Turner


On s'en doutait vaguement que rien n'avait été fait pour sortir des projections pessimistes du rapport Meadows qui date quand même de 1972 : 

"We affirm finally that any deliberate attempt to reach a rational and enduring state of equilibrium by planned measures, rather than by chance or catastrophe, must ultimately be founded on a basic change of values and goals at individual, national, and world levels." 

Humh ... "evolution is a process too slow to save ... our world".


Graham Turner revient sur les projections de l'époque et les compare au scénario "Business As Usual" dans ce document dont est extraite la figure ci-dessous.






Les prévisionnistes en tireront la consolation que tout n'est pas toujours faux en leur ténébreux royaume !
 


 "The World Model" (pp102-103)



mercredi 20 août 2014

The Internet's Original Sin - Ethan Zuckerman


Excellent article sur l'évolution de l'Internet depuis l'adoption de la publicité comme modèle économique dominant ; juste la conclusion : 



There is no single “right answer” to the question of how we pay for the tool that lets us share knowledge, opinions, ideas, and photos of cute cats. Whether we embrace micropayments, membership, crowdfunding, or any other model, there are bound to be unintended consequences.
But 20 years in to the ad-supported web, we can see that our current model is bad, broken, and corrosive. It’s time to start paying for privacy, to support services we love, and to abandon those that are free, but sell us—the users and our attention—as the product.






L'article est en ligne : The Atlantic, 14/08/2014 



mercredi 8 août 2012

Le bourdon


Mario Draghi dans le texte

The euro is like a bumblebee. This is a mystery of nature because it shouldn’t fly but instead it does. So the euro was a bumblebee that flew very well for several years. And now – and I think people ask “how come?” – probably there was something in the atmosphere, in the air, that made the bumblebee fly. Now something must have changed in the air, and we know what after the financial crisis. The bumblebee would have to graduate to a real bee. And that’s what it’s doing.


Voila qui n'est guère encourageant : tout d'abord, les chats ne donnent pas des chiens et, pour la même raison, les bourdons ne donnent pas d'abeilles ; ensuite, la métaphore du vol du bourdon a déjà servi, en particulier lors des années fastes de la croissance islandaise, ainsi cet article de 2008 :

Dagur Eggertsson, qui était encore récemment maire de Reykjavík, me rappelle que ce qui s’est passé dans son pays défie la logique économique. “Dans les années 1980 et 1990, les gens de droite aux Etats-Unis et au Royaume-Uni disaient que le système scandinave n’était pas fonctionnel, que le très fort investissement de l’Etat dans les services publics tuerait l’économie”, souligne-t-il. A 35 ans, cet homme politique brillant a des airs de gamin. Comme tous les Islandais, c’est un redoutable travailleur polyvalent, puisqu’il est également médecin. “Pourtant, nous voilà en 2008, poursuit-il. Il suffit de considérer les données économiques et on voit que, ces douze dernières années, les pays scandinaves ont pris une sacrée avance. Quelqu’un a appelé ça la ‘bumblebee economy’ [l’économie du bourdon] : en termes scientifiques, aérodynamiques, on ne sait pas comment il vole, mais il vole, et bien en plus.”





Dernier point, et non des moindres, on sait assez précisément comment et pourquoi le bourdon vole (en fait on a surtout étudié ses petits camarades la drosophile, la libellule, le colibri ou la chauve-souris qui sont eux aussi des as du vol stationnaire mais apparemment nettement plus élégants). Le rappel de la littérature essentielle sur le sujet est , chapitre I (voir aussi ici, par exemple). Pour le bourdon, les études récentes le qualifient de "tank volant" !


(Et en passant, deux "Vol du bourdon" nettement plus enthousiasmants, ici et )


dimanche 5 août 2012

Sur l'immense décharge du capital fictif. Les limites de l'ajournement de la crise par le capital financier et le délire des programmes d'austérité -- Ernst Lohoff et Norbert Trenkle





La conclusion de cet excellent article :
 

Avec l’avènement de la troisième révolution industrielle, la société a atteint un tel niveau qu’elle est devenue trop productive pour le but auto-référentiel et misérable de la valorisation de la valeur. Ce n’est que l’anticipation grandissante sur de la future valeur produite ainsi que la pré-capitalisation de valeur qui ne sera jamais produite qui ont permis pendant trois décennies de maintenir la dynamique capitaliste. Mais entretemps cette stratégie d’ajournement délirante est elle-même tombée dans une crise profonde. Ceci n’est pas une raison de se « serrer la ceinture », ni de se complaire dans des fantaisies régressives au sujet d’un capitalisme « sain » basé sur du « travail honnête ». Un mouvement émancipateur contre « l’austérité » et la gestion répressive de la crise devrait viser à rompre, consciemment, le lien obligatoire entre la production de richesses sensibles et la production de valeur. Il s’agit de refuser de manière offensive la question de la « viabilité financière ». Savoir si des logements seront construits, des hôpitaux entretenus, de la nourriture produite ou des lignes de chemin de fer maintenues ne peut pas dépendre du fait de savoir s’il y a assez d’argent. Le seul et unique critère doit être la satisfaction des besoins concrets. S’il a été décidé, par « manque d’argent », d’abandonner des ressources, il faut se les réapproprier et les transformer à travers une opposition consciente à la logique fétichiste de la production de marchandises. Une vie décente pour tous ne peut exister qu’au-delà de la forme de richesse abstraite.


(traduit par Paul Braun)


lundi 26 mars 2012

Où va le monde ? -- Yves Cochet, Jean-Pierre Dupuy, Susan George, Serge Latouche




Sous son titre complet, Où va le monde ? 2012-2022 : une décennie au devant des catastrophes, ce petit livre réunit quatre interventions lors d'un colloque organisé à l'Assemblée Nationale le 10 décembre 2010.

Je retiens le texte d'Yves Cochet, qui sait rappeler que son "catastrophisme" n'est pas une rente politique mais un ultime point de résistance. Écrire en conclusion :

(...) ces forces de raison, d'espoir, de réalisation d'un monde nouveau n'apparaîtront, hélas, qu'après la catastrophe, par un sursaut vitaliste de la jeunesse du monde.

tient du sursaut d'optimisme. La catastrophe pourrait tout autant durer pour l'éternité dans ce temps suspendu qui nous tient lieu d'actualité.

Je retiens aussi celui, brillant, de Serge Latouche, La chute de l'Empire romain n'aura pas lieu mais l'Europe de Charlemagne va éclater.

Le bonheur, la félicité se trouve dans la capacité à savoir limiter ses besoins.

Certes. Dommage que ce soit aussi précisément le discours de la domination ; enfin, sous la forme légèrement modifiée Le bonheur, la félicité se trouve dans notre capacité à savoir limiter vos besoins, version écologiquement relookée du désormais vieillot Pauvre mais honnête qui rendit en son temps bien des services.
 

Minimum wage
Bartosz Kosowski



L'occasion de saluer la collection Petits Libres des Mille et une nuits (3€ pièce) ; voir aussi, entre autres, Résister, recueil de cinq essais de H.D. Thoreau.

jeudi 1 décembre 2011

"Culte du cargo" -- Paul Jorion


Avec de pareilles mesures, pas de doute, la croissance va décoller !
Et il pourrait y en avoir besoin, au train où vont les choses :
"Unlikely" ? Pourquoi "unlikely" ? Vite, sculptons une croissance en balsa ! 





Certaines expressions font mouche ; désigner comme une variante de "culte du cargo" ("cargo cult") les gesticulations spectaculaires dont nous gratifient nos dirigeants autour du cadavre de la finance en fait partie. 

Surtout en français où, l'expression n'étant pas galvaudée comme en américain où l'on ne cesse de se lancer à la figure des "cargo cult ceci" et "cargo cult cela", on est ramené au sens littéral : tenter d'obtenir la cargaison (la richesse) par des moyens magiques faute de posséder le savoir technique nécessaire à sa fabrication, avec des résultats uniformément décevants.
 


vendredi 28 octobre 2011

Crackpot realism ...


... pas facile à traduire cette expression popularisée (introduite, peut-être) par Charles Wright Mills dans The causes of worls war three
"Crackpot", c'est tout à la fois un cinglé et un imposteur qui vous en impose à première vue. Bref, ni le dingo à l'entonnoir ni l'imposteur "raisonnable" mais une détonante combinaison des deux où le talent de l'imposteur consiste à dissimuler son encombrant accessoire infundibuliforme sous les apparences de la plus élevée des compétences.




Le portrait psychologique que Charles Wright Mills trace de ce type de dirigeant mérite d'être relu au surlendemain de ce qui fut une des plus belles réunions de "crackpots" et au lendemain de leur pénible pédagogie télévisée :

Crackpot realists are so rigidly focused on the next step that they become creatures of whatever the main drift - the opportunist actions of innumerable men - brings.
(...)
In crackpot realism, a high-flying moral rhetoric is joined with an opportunist crawling among a great scatter of unfocused fears and demands. In fact, the main content of "politics" is now a struggle among men equally expert in practical next steps - which, in summary, make up the thrust toward war - and in great, round, hortatory principles.
(...)
The expectation of war solves many problems of the crackpot realists; it also confronts them with many new problems. Yet these, the problems of war, often seem easier to handle. They are out in the open : to produce more, to plan how to kill more of the enemy, to move materials thousands of miles.
(...)
So instead of the unknown fear, the anxiety without end, some men of the higher circles prefer the simplification of known catastrophe.
(...)
They know of no solutions to the paradoxes of the Middle East and Europe, the Far East and Africa except the landing of Marines. Being baffled, and also being very tired of being baffled, they have come to believe that there is no way out - except war - which would remove all the bewildering paradoxes of their tedious and now misguided attempts to construct peace. In place of these paradoxes they prefer the bright, clear problems of war - as they used to be. For they still believe that “winning” means something, although they never tell us what.
(...)
Some men want war for sordid, others for idealistic, reasons ; some for personal gain, others for impersonal principle. But most of those who consciously want war and accept it, and so help to create its "inevitability", want it in order to shift the locus of their problems. 


Si vous voulez coller de plus près à l'actualité, remplacez "guerre" par "austérité" ... puis, au train où vont les choses, remplacez "austérité" par "guerre civile".

dimanche 2 octobre 2011

We are the 99%


We are the 99 percent. We are getting kicked out of our homes. We are forced to choose between groceries and rent. We are denied quality medical care. We are suffering from environmental pollution. We are working long hours for little pay and no rights, if we're working at all. We are getting nothing while the other 1 percent is getting everything. We are the 99 percent.

Brought to you by the people who occupy wall street. Why will YOU occupy?



Dans le sillage de Occupy Wall Street, un raccourci des angoisses et des frustrations des américains, jeunes ou non ; à lire, ici, pour un portrait kaléidoscopique du cauchemar américain. Commencez par .

Certes, cela peut paraître faible comme mobilisation en regard des enjeux mais si votre mémoire est bonne, elle vous ramènera à l'esprit les images du mouvement Sorry, world qui suivit la seconde élection de Bush Jr. ; quatre ans plus tard, le camp républicain subissait une déroute.


Ha, et méfiez-vous des imitations ...

lundi 26 septembre 2011

Economistes en guerre contre les chômeurs -- Laurent Cordonnier


Cet article paru en Décembre 2006 dans Le Monde diplomatique est repris dans L'art d'ignorer les pauvres (aux éditions Les liens qui libèrent / Le Monde diplomatique) avec deux autres textes, celui de John Kenneth Galbraith qui donne son titre au livre et une version pas tout à fait intégrale de la Modeste proposition sur les enfants pauvres d'Irlande de Jonathan Swift, qui date, la version intégrale, de 1729.

Ceux qui n'ont jamais lu un rapport de l'OCDE (dont tout le monde entend forcément parler sous la forme de "recommandations du rapport de l'OCDE") ne peuvent pas se douter du ton de guerre sociale qui y règne ; loin de toutes les litotes et dorures de pilule que resservent même les journaux les plus en vue quand il s'agit de ces rapports, l'OCDE a un mérite au milieu de l'océan de turpitude où elle macère, elle appelle un chat, un chat. Bien sûr, ce genre de lecture n'a rien d'affriolant.
C'est pourquoi il faut se précipiter sur ce petit livre et sur la contribution de Laurent Cordonnier qui, dans la veine de son Pas de pitié pour les gueux se livre à une analyse du rapport Perspectives pour l'emploi de l'OCDE (2006).


 

Deux extraits seulement (les citations du rapport sont en italique) : 

Comment,  se demande alors l'organisation, faire accepter des réformes du marché du travail qui seraient dans l'intérêt des salariés et des chômeurs mais dont ils ne veulent pas ? Les recommandations aux gouvernements des peuples tumultueux sont soulignées en gras et en italique dans le rapport : il faut procéder à des "réformes partielles : réformer à la marge pour mettre en œuvre des changements de politique ultérieurs plus profonds". L'offensive doit donc passer par les ailes, et saper les contreforts les plus fragiles du salariat, en réservant pour un second assaut le "noyau dur" : "pour éviter les conflits avec les principaux groupes d'intérêt, les gouvernements peuvent, dans un premier temps, introduire des réformes à la marge du "noyau dur" du marché du travail, sans véritablement toucher aux structures institutionnelles dont bénéficient les travailleurs en place. Cela tend à renforcer la dualité du marché du travail, ce qui peut ensuite permettre de gagner progressivement le soutien de l'opinion publique à des réformes plus fondamentales des institutions et politiques du marché du travail."

(...)

Le rationnel est l'ami du bien : "Les réformes structurelles, qui commence par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés." Les travaux de l'OCDE coûtent très cher aux contribuables, mais ils sont francs.


 


Notons enfin que Laurent Cordonnier sait lui aussi appeler un chat, un chat : les inspirateurs et rédacteurs de ces rapports, nous prévient-il, sont en majorité écrasante des gens intelligents qui ont délibérément choisi la guerre sociale car elle leur apporte les avantages qu'ils pensent leur être naturellement dus ; bref, ils ne sont pas bêtes, ils sont simplement méchants, au point d'en être nuisibles.

samedi 17 septembre 2011

Ovis œconomica



Le bon pasteur
(mosaïque du mausolée de Galla Placidia, Ravenne)



C'est officiel, il n'y a qu'à lire, écouter, regarder : Homo œconomicus n'était qu'un vil imposteur et nos chiens de garde l'ont enfin "confusément" reconnu. Dissimulant ses traits bestiaux sous les dehors (guère plus engageants ... mais ceci n'engage que moi) d'un puissant simulateur résolvant en temps réel des problèmes d'intégration (dans des espaces où les mathématiciens, un peu frileux sans doute, ne placent pas de mesures), le (+) voici enfin démasqué, Ovis œconomica.

(+) Bon, Ovis est du genre féminin, d'accord, arrêtez de crier. N'empêche, je ne vais pas me laisser aller à  écrire "la voici démasquée" quand même !

Et de tourner en boucle les expressions toutes faites "envie de gagner contre peur de perdre", "comportement moutonnier", "panurgisme" ...

Pour ceux qui croiraient que ce subit accès de behaviorisme à bas prix, cette overdose de psychologie de comptoir indiqueraient une prise de conscience des limites des modèles néo-classiques, il faudra déchanter : Ovis œconomica paît dans les strictes limites de l'individualisme méthodologique, où s'épanouit aussi Homo œconomicus. Il est simplement beaucoup moins doué pour les simulations MCMC. 

D'ailleurs, cette découverte nous prépare une troisième étape, celle qui adorera les vainqueurs (eux sont de vrais Homini œconomici) et méprisera les vaincus (qui n'ont que ce que mérite ce pur crétin d'Ovis œconomica). Que la pastorale économique ait des airs de jeu de Stackelberg  (*) n'étonne déjà plus personne ... il ne reste qu'à admettre que le "bon" pasteur n'était qu'un rêve.

(*) Dans le jeu de Stackelberg, le "leader", ayant connaissance des fonctions d'utilité des autres joueurs qui jouent de façon non coopérative, manœuvre de façon à établir le meilleur équilibre de Pareto possible entre les autres joueurs, compte tenu que la somme de ses ressources et de celle des autres joueurs est fixe ; le leader manœuvre donc de façon à faire "comme si" les joueurs coopéraient : rien de plus idylliquement "pastoral" ! 
En réalité, on il s'agit plutôt d'une version perverse du jeu de Stackelberg : deux jeux non coopératifs hiérarchiques couplés où les actions du jeu supérieur (entre Homini œconomici) visent à établir le pire équilibre de Nash au niveau inférieur (entre Oves œconomicae) en déformant (dans certaines limites) les fonctions d'utilité des Oves. Pastoral, certes, mais comme le loup guidant les brebis !

Toujours rien sur "ce" qui fait agir de façon moutonnière, sur "ce" qui fait calculer ; pour justifier ces comportements, on se retranche derrière une nature humaine mais la situation tourne au cocasse car cette nature peut difficilement passer en quelques années de l'optimisation forcenée au suivisme le plus benêt !

Sur ce sujet, on peut relire La crise, Keynes et les "esprits animaux", un entretien entre Frédéric Lordon et Yves Citton ; c'était dans dans la Revue des livres et des idées mais je ne retrouve plus la référence.
Je ne le trouve plus en ligne mais l'entretien est repris dans Penser à gauche ; extrait :

Pour ce qui est des justes récriminations contre mon usage immodéré de la photocopieuse, voir ici, merci.


mercredi 17 août 2011

Asymptotiquement ... le NARRR


Bonne formule d'un commentateur du blog de PJ :









C'est une fort bonne description de l'état asymptotique du miroir aux alouettes dont on nous a tant rebattu les oreilles sous le nom d' "économie de la connaissance" ; pour faire vite, la production, ça se fait avec les mains, c'est sale, c'est bon pour les sous-hommes, donc pas pour les occidentaux qui eux, bien sûr, regorgent tous d'idées neuves comme s'ils y étaient génétiquement prédisposés et feront tous métier de l'innovation technologique à haute valeur ajoutée.
S'il y a un autre fondement à cette économie - et qui ne soit pas de l'ordre de "mais, couillon de la lune, c'est via cette forme d'économie que la concentration du capital est la plus rapide", ce ne serait pas du jeu ! - merci de me l'indiquer.

Manque seulement à cette description la mention d'une classe au-dessus, concentrant le revenu de l'innovation produite par des ingénieurs élevés en batterie, eux-mêmes légèrement au-dessus des esclaves et des chômeurs (en attendant l'essor de la programmation évolutionniste qui les ramènera à l'un ou l'autre de ces statuts). 

Le problème associé à cet état asymptotique, c'est son apparente instabilité ; intuitivement, cela paraît intenable : les chômeurs occidentaux n'ont rapidement plus rien pour payer les produits des esclaves asiatiques, tout s'effondre et on passe à la dé-mondialisation, heureuse ou non selon les écoles. 
Dont acte ... mais cela dépend finalement de la part du capital qui est redistribuée ; si on veut bien admettre qu'au-delà d'une certaine quantité, le capital ne représente plus que du pouvoir pur et que la "sur-classe" n'est pas homogène mais au contraire en guerre intestine perpétuelle pour tout le pouvoir et que cela seul l'intéresse, et non l'accumulation du capital pour lui-même, on peut aussi admettre que cette sur-classe s'accorde sur la proportion de redistribution nécessaire pour maintenir l' "état des choses", ce "confort" minimal dont le niveau est à découvrir empiriquement et dont la nature doit être strictement contrôlée et orientée , lui permettant de se livrer aux délices de ces luttes barbares.
C'est de ce "confort" qui vient s'interposer devant la réalité dont parle Haruki Murakami ; son niveau est infiniment modulable en fonction des contextes et pas forcément "confortable" au sens usuel, juste suffisant pour inhiber toute velléité de mouvement par la peur de le perdre, pour soi même ou, surtout,  pour les siens (la carotte n'est jamais loin du bâton, les ineptes rodomontades de David Cameron, promettant de relever la morale de la déchéance où les pauvres l'ont fait tomber à coup d'expulsion des logements sociaux (*), permettent de s'en souvenir). Les délices de l’assurance-vie dont il est pointé ici qu'elle constitue la base sociale de la servitude volontaire, du moins au sein des "classes moyennes occidentales", en constituent un autre exemple.

Une sorte de non-accelerating riot rate rapacity. NARRR, c'est au moins aussi joli que NAIRU, non ?

Que quelques représentants de cette sur-classe aient pris position à plusieurs reprises pour une augmentation de leurs impôts (ici, par exemple) me paraît plus facile à analyser en partant de cette solution asymptotique et de sa stabilisation qu'en faisant l'hypothèse d'une épidémie de vertu ou de chutes de cheval sur le chemin de Damas.
On  peut aussi, mais cela revient finalement au même, remarquer que ces zélotes de l'auto-taxation ont souvent largement passé leur dlv : conscients, comme le rappelait Buffet il y a quelques années, que leur classe, "celle des riches", a gagné la lutte des classes, conscients peut être aussi du peu de temps qu'il leur reste à jouir de cette victoire et de leur capacité amoindrie de continuer cette lutte dans un environnement toujours aussi violent (ce n'est que "vue d'en-bas" que la sur-classe paraît homogène !), ils souhaiteraient simplement installer une "paix des braves" au voisinage des frontières issues du conflit. Voir aussi ici.



Restera ensuite à traiter avec le renchérissement prévisible des coûts de transport, l'autre puissant facteur derrière la déstabilisation à court terme de ce modèle. Noter qu'une fois stabilisé sous une forme exploitant au mieux de faibles coûts de transport, ce modèle pourrait aisément être "relocalisé", la mobilité restant l'apanage de la seule sur-classe.


(*) (source)

En fin de journée vendredi, David Cameron a déclaré sur la BBC que les fauteurs de troubles devaient être expulsés de leur logement social.

"Si vous vivez dans un logement social, vous profitez d'une maison à prix réduit et cela vous donne des responsabilités", a déclaré le Premier ministre conservateur. "Pendant longtemps, nous avons adopté une attitude trop molle envers les personnes qui pillent leurs communautés", a-t-il expliqué.

Au même moment, le conseil municipal de Wandsworth, un quartier du sud de Londres, a annoncé qu'un avis d'expulsion avait été émis contre l'un de ses locataires, dont le fils est soupçonné d'avoir participé à des violences à Clapham dans la nuit de lundi à mardi. La décision finale reviendra à un juge.







On peut se demander comment on peut à la fois soutenir comme ici un découpage en groupes vus comme homogènes et soutenir ailleurs un modèle de sériation en cours de constitution à l'échelle de la planète. La raison en est que la sériation se fait selon une échelle logarithmique et que ces échelles ont une délicieuse propriété : 
  • considérées dans leur ensemble, ces distributions n'ont pas d'autre structure que la loi d'échelle qui les définit et il n'y a donc pas, globalement, de moyen de couper la distribution ici ou là pour constituer des groupes homogènes ;
  • considérées localement, donc du point de vue d'un des maillons de la chaîne, les écarts de la série sont rapidement tellement importants, tant vers le haut que vers le bas, qu'il est inévitable que se forme une représentation en trois groupes, ceux qui sont en-dessous (nettement, disons ceux qui gagnent dix fois moins) ceux qui sont à mon niveau (en gros) et ceux qui sont au-dessus (nettement, disons ceux qui gagnent dix fois plus) ; 
  • que ces groupes localement définis, surtout "au-dessus" et "en-dessous" ne soient en rien homogènes (parmi ceux qui gagnent dix fois plus, il y en a qui gagnent cent fois plus, mille fois plus etc) n'enlève rien à la possibilité de créer une coupure "raisonnable" d'un point de vue local ; simplement, vu d'un autre maillon, les coupures sont ailleurs, ce qui est en accord avec le fait qu'il n'existe pas de structure globale.


On remarquera au passage que c'est cette structure qui sous-tend la "frustration" (au sens usuel et aussi au sens qu'on donne à ce mot en physique, sens qui reprend la notion de conflit entre un ordre local et un ordre global) que l'on sent dès qu'il est question d'action collective : dans tous les maillons de la chaîne, il existe une perception du "eux contre nous" mais il n'existe pas de point de coupure stable à l'échelle de la chaîne toute entière.
L'appel à l'action collective échoue sans cesse, soit sur le repliement du "nous" à une échelle micro-locale sans efficacité dont la limite est "moi" (constitution du groupe via "les ennemis de mes amis sont mes ennemis"), soit sur la dilution infinie par extensions successives (constitution du groupe via "les amis de mes amis sont mes amis).
L'issue répétitivement lassante de cette frustration, c'est la constitution locale d'un bouc émissaire situé en-dessous, chargé de tous les maux et en particulier, bien sûr, celui d’empêcher l'ascension vers le dessus : Jusqu'où ne serais-je pas monté sans tous ces impôts, charges, règlements etc qui entravent mon merveilleux dynamisme et ne profitent qu'à ces incapables d'assistés ? ne cesse de se lamenter chaque maillon de la chaîne ! Le tout couplé avec l'antienne également lassante : S'il faut changer quelque chose (peu importe quoi, d'ailleurs), que ceux du dessus commencent ! Au final, la structure de sériation en sort encore renforcée.



lundi 8 août 2011

De l'argent - La ruine de la politique -- Michel Surya





Selon Jean-Michel Six, chef économiste Europe chez Standard & Poors, la dégradation de la note américaine avait été quasiment annoncée dès le 18 avril dernier lorsque l’agence avait placé la note des États-Unis dans une perspective négative. Et c’est principalement l’apparente paralysie du gouvernement américain a entamer des réformes importantes qui a motivé le passage de la note AAA à celle de AA+.

L’économiste ne croit pas que la dégradation de la note aura des conséquences particulièrement graves ; les “marchés étaient prévenus” et selon lui, “la note AA+ reste excellente”. “Il n’y a donc pas de raison particulière d’attendre rien de fracassant. lors de l’ouverture des bourses lundi ”.

Et l’Europe ? Jean-Michel Six insiste sur l’aspect politique de la crise : “Le communiqué Standard & Poors met l’accent sur la volonté politique, sur l’efficacité des institutions politiques. La même chose s’applique à l’Europe, Il faut être unis, il faut agir vite, il faut faire ce que l’on a dit que l’on ferait, et là je crois que le message a été reçu.”

Quant aux inquiétudes chinoises, elle paraissent normales à Jean-Michel Six : “La Chine est le principal créancier des USA avec un trillions de dollars de dette américaine, il est normal qu’elle soit préoccupée par la qualité de l’emprunteur américain”.



“If French authorities do not follow through with their reform of the pension system, make additional changes to the social-security system and consolidate the current budgetary position in the face of rising spending pressure on health care and pensions, Standard & Poor’s will unlikely maintain its AAA rating,” S&P said in a June 10 report.

(re-source)




Du temps qu'elles tançaient ainsi les Coréens, les Argentins, les Mexicains ou autres émergents rastaquouères présumés, on entendait peu de voix pour s'indigner du message de pure domination managériale qu'imposaient les agences de notation. Aujourd'hui qu'elles se tournent vers les USA ou l'UE, certains semblent tomber du banc en découvrant que ces agences font leur (sale) boulot, comme elles l'ont toujours fait, de porte-voix des créanciers du monde (dans une crise de la dette, il faut bien des créanciers !) ; simplement, comme nous ne sommes plus du même côté du porte-voix, la mélodie est moins agréable.

A toute chose, malheur est bon : on va peut-être se rendre compte que derrière cette novlangue enrichie à la moraline, c'est bien de politique qu'il s'agit, précisément de sa négation et de son retournement en gestion, pardon, en "gouvernance" (*), derrière le brouillard "objectif" des chiffres qui prétendent mesurer une "réalité économique" qui n'a précisément reçu ce statut de réalité que de son "objectivabilité" (donc via de commodes abstractions).


(*) Souvenez vous de la "bonne gouvernance" à destination des pays africains ... pour la piqure de rappel, c'est ici, 19ème sommet franco-africain de 1996 :


« Les bailleurs de fonds, qui doivent s’appliquer à eux-mêmes les critères de la bonne gouvernance -la transparence, le dialogue, la rigueur, l’efficacité-, sont particulièrement sensibles aux efforts consentis et aux progrès accomplis par les pays qui reçoivent l’aide. C’est pourquoi ils tendent à se détourner des pays aidés qui ne respectent pas ces mêmes critères. La bonne gouvernance est devenue la condition même du développement. Un impératif absolu qui s’impose tant aux bailleurs de fonds qu’aux pays aidés. »

Même menace voilée sous la moraline : "ils {les bailleurs de fond, ndlc} tendent à se détourner des pays aidés qui ne respectent pas ces mêmes critères."






C'est ce que pointait Michel Surya dans la conclusion de cet excellent livre : "A la fin, c'est même de la possibilité que la révolution puisse continuer de menacer le capitalisme que celui-ci devra de continuer de prétendre, faussement, qu'il est une politique". Nous y sommes.

Un livre de 2000, réédité chez Rivages / Poches en 2009. Concis, difficile et superbement écrit.




Un petit extrait des premières pages (qui éclaire à sa façon celles de Francesco Masci) :



Pas la plus petite plainte.
Il n'y a plus personne pour protester d'une façon à laquelle on puisse mesurer que c'est la possibilité de protester elle-même qui n'a pas disparu. Toute tension est à la fin appelée à retomber, sans qu'on sache avec assurance de quoi cette tension dépendait ni de quoi elle pouvait dépendre qu'elle ne retombât pas.
Ce qui est fait horreur sans doute, mais il n'y a pas jusqu'au moyen de quoi on le fuit qui ne fasse horreur aussi. Autrement dit, c'est tout ce qui est et dont on s'accommode si manifestement qui est sans plus offrir d'issue.
C'est tous les jours que la question se pose : à quel point ce qui est ne paraît pas réel pour que tous le supportent ? Ou ce que tous supportent n'est-il supportable qu'à la condition de ne plus passer aux yeux de personne pour réel ?
Ce que tous supportent et qui n'est pas supportable, en effet, qui n'est pas supportable parce qu'il n'y a personne pour ne trouver qu'il fait horreur, ne fait pas horreur parce qu'il n'y a plus personne pour croire encore qu'il est  réel. En d'autres termes, l'horreur est de moins en moins réelle parce que c'est le plaisir pris à le fuir qui a attiré à lui toute la réalité. N'est-ce pas ce qu'on voudrait qu'on croie : qu'il n'y a plus que le plaisir à pouvoir être réel. Reste de tout cela l'impression, ni vraie ni fausse tout à fait, quoi qu'il en soit de l'horreur de vivre ainsi, vivre aussi bien pourrait n'être tout entier qu'un plaisir.
Quelque chose naît sous nos yeux qu'on ne sait pas encore comment nommer, qu'il est encore trop tôt pour nommer (qu'il faudra bien pourtant nommer le moment venu, mais il sera alors trop tard), quelque chose naît dont il suffira pour le moment de dire qu'il réalise l'accord momentané entre l'horreur et la satisfaction qu'il n'y a personne à n'éprouver à faire de son existence un jeu, fût-il en effet affreux.



et les dernières pages :




Pour ce qui est des justes récriminations contre mon usage immodéré de la photocopieuse, voir ici, merci.



mardi 2 août 2011

Un petit exemple d'inégalités ?


La figure ci-dessous (issue d'un rapport du Pew resarch Center) compare le patrimoine médian entre foyers blancs, noirs et hispaniques en 2005 et 2009. 




Pour la méthodologie et le rapport complet, c'est ici.
(commenté dans le Monde par Sylvain Cypel)

On y trouve aussi ce délicieux tableautin dépeignant la concentration à l’œuvre dans chacune des catégories (pourcentage du patrimoine détenu par les 10% des foyers les plus riches d'une catégorie) :



Pour la France, voir ici.

 

mercredi 27 juillet 2011

Excavation budgétaire


D'où vient donc ce trou béant ... 

Joli graphique piqué au NYT ; ici, l'article qui va avec.
 




Ah oui, le "socialisme" d'Obama, c'est la dernière flèche tout en bas ; petit joueur, pas sérieux !