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mardi 1 décembre 2020

The Nightfields -- Joanna Klink

Du Je au Tu, du Tu au Nous, du Nous au Monde, de recueil en recueil, Joanna Klink poursuit sa trajectoire. Je ne saurais trop recommander The Nightfields (Penguin), paru en juillet dernier.



We seek the dark -- certain things we reveal

only in the dark. Musk, flying clouds.

A breath spoken into the eyelids

of the one most close to you.

 

 

 

Strette -- Paul Celan

 Juste le début ...




*

Verbracht ins

Gelände

mit der untrüglichen Spur:

 

 

Gras, auseinandergeschrieben. Die Steine, weiß,

mit den Schatten der Halme:

Lies nicht mehr – schau!

Schau nicht mehr – geh!

 

 

Geh, deine Stunde

hat keine Schwestern, du bist –

bist zuhause. Ein Rad, langsam,

rollt aus sich selber, die Speichen

klettern,

klettern auf schwärzlichem Feld, die Nacht

braucht keine Sterne, nirgends

fragt es nach dir.


*

 


 

*

Dé-placé dans

le territoire

à la trace non-trompeuse :

 

herbe écriture désarticulée. Les pierres, blanches,

avec les ombres des brins :

Ne lis plus - regarde !

Ne regarde plus – va !

 

Va ton heure

n’a pas de sœurs, tu es –

tu es chez toi. Une roue, lente,

roule d’elle-même, les rayons

grimpent

grimpent dans un champ presque noir, la nuit

n’a pas besoin d’étoiles, nulle part

il n’y a souci de toi.

*

 

(traduit par Jean-Pierre Lefevre)



lundi 24 juin 2019

Alizarina


Il était à Morlaix, au Ty Coz pour la fête de la musique ; une superbe découverte !

lundi 3 juin 2019

Bloody hammer -- Rocky Erickson (1947-2019)




Vitrail d'Aurélie Nemours à Salagon (Mane, 04300)




Demon is up in the attic to the left
My eye turns to the left to say no
You said first I am a special one
I never hammered my mind out
I never have the bloody hammer
I never have the bloody hammer
I never have the bloody hammer
I never have the bloody
I never have the bloody
I never have the bloody hammer

I am the doctor
I am the psychiatrist
To make sure they don't think
That they'd hammer their minds out
Or that they'd have a
Or that they'd have a bloody hammer
Or that they'd have a bloody hammer
Or that they'd have a bloody hammer
Or that they'd have a bloody
Or that they'd have a bloody
Or that they'd have a bloody hammer

Second, I am the special one
My eyes, green and blue
And safely unbegotten
To the left to say no
While the others with their hair turned white
They just roll their eyes back to the top of their head
And hammer the attic floor with a bloody hammer
I never have the bloody hammer
I never have the bloody
I never have the bloody
I never have the bloody hammer

It's not a sledgehammer
It's not a chisel
It's not a train
But a thought of unlimited horror for
Dr. O'Chane, Dr. O'Chane
Baby ghost says beat it with your chain
Baby ghost says don't drag your chain away
Dr. O'Chane
One bat enlighten me, one bat in rain
One bat likes wolfbane for
Dr. O'Chane, Dr. O'Chane

The ghost says beat it with your chain
The ghost says don't drag your chain away
Dr. O'Chane
All bats are as Dracula vampires
Vampires in the rain
Vampires in the lightning for
Dr. O'Chane, Dr. O'Chane
The baby ghost in the 1900s says beat it with your chain
The baby ghost says don't drag your spoon, don't drag your chain away
Dr. O'Chane

Demon is up in the attic to the left
My eye turns to the left to say no
You said first I am a special one
I never hammer my mind out
I never have the bloody hammer
I never have the bloody hammer
I never have the bloody hammer
I never have the bloody
I never have the bloody
I never have the bloody hammer


Ici par exemple.


mardi 21 mai 2019

THE LAST DAYS OF REALITY / 2011 - 2018 -- Lionel Marchetti





lundi 20 mai 2019

Joe Mc Phee toujours ...

Enregistré pour Hat Hut en 1979 mais jamais sorti; c'est chose faite,enfin !




jeudi 27 décembre 2018

Ветка - Борис Гребенщиков -


Ничто из того, что было сказано, не
Было существенным.
Мы на другой стороне.
Обожженный дом в шинкаревском пейзаже.
Неважно куда, важно - все равно мимо.
Не было печали, и это не она,
Заблудившись с обоих сторон веретена.
Я почти наугад произношу имена.
Действительность по-прежнему недостижима.

Я открывал все двери самодельным ключом.
Я брал, не спрашивая - что и почем.
Люди не могут согласиться друг с другом
практически ни в чем.
В конце концов, это их дело.
Мне нужно было всё, а иначе - нет.
Образцовый нищий, у Галери Лафайет;
Но я смотрел на эту ветку сорок пять лет,
В конце концов, она
взяла и взлетела.

Словно нас зачали во время войны,
Нас крестили именами вины.
И когда слова были отменены,
Мы стали неуязвимы.
Словно что-то сдвинулось, в Млечном Пути,
Сняли с плеч ношу, отпустило в груди.
Словно мы, наконец оставили позади.
Эту бесконечную зиму...



Première neige - Vladimir Shinkarev


Ma chanson préférée de BG ? En tout cas, elle est sur l'album СОЛЬ (Le sel ; 1992 ?) ; ici, c'est à partir de 18:10.

mercredi 12 décembre 2018

LETO - Kiril Serebrennikov


Un bio pic avec des gens qu'on a croisés, qu'on a aimés et, pour certains, follement ; ma première réaction aura été non merci, malgré tout le respect que j'ai pour KS. 

Et puis je me suis laissé trainer et je n'en reviens toujours pas ; un film à la fois noir et solaire, absolument exact en ce qu'il s'affranchit du réalisme avec une grâce, une légèreté étonnantes et y revient sans pathos, sans lourdeur; Leningrad revit, MN qui fit le lien entre les derniers "bardes" et la génération rock, BG toujours dans l'ombre, au cœur d'Aquarium qui fut le laboratoire et le "fablab" du rock de Leningrad, VT ...

A pleurer, à chaudes larmes en pensant à ce petit arbre dont parle la dernière chanson ou en pensant à cet autre arbre que chantait Dearly Departed.

Allez voir LETO et en attendant, écoutez Voyna, un titre de 87 (sur Gruppa Krovi), par exemple.

Oh, bien sûr, BG a grommelé que "ce n'était pas ainsi que nous vivions" et que ce film était écrit comme "d'une autre planète" ; et il a tort, et il a raison.
Il a tort car il oublie que la perspective est celle de la génération née dans les années 60 et il a raison car cette perspective est tout autre que la sienne.
Il avait déjà, dès les années 70, remporté le combat de la créativité, contre le système et d'une façon très dérangeante pour ce système, en en occupant volontairement les interstices, les zones de relégation : "Soyez veilleurs de nuit ! C'est un moyen tranquille de libérer du temps et de l'énergie pour la création." ; pour mémoire, ces interstices étaient nombreux, créant une fragile société parallèle, infiniment ramifiée, rappelez-vous "Les notes d'un veilleur de nuit" ou la fine équipe de branquignols-artisans du Bavard dans "Les hauteurs béantes" !
Là où son combat du début des années 80 était de sortir de l'insignifiance, un tout autre combat, et d'une autre ampleur, tant le système se montrait habile à gérer cette société parallèle en la maintenant dans l'insignifiance, nous étions heureux de simplement expérimenter notre créativité dans un espace dont nous n'avions pas encore mesuré l'insignifiance (alors oui, d'une certaine façon, BG peut bien nous traiter de "hipsters moscovites" ; c'est méchant, ce n'est pas faux, c'est seulement injuste ... parce que cela n'est pas vrai non plus) ; certes nous ne passions pas notre vie au lac, à la plage ou dans des soirées mais ce qui était la vie pour nous tournait effectivement autour de cela et c'est bien ce que LETO montre et pour être juste, KS montre aussi que la question de l'insignifiance se tenait à l'arrière-plan : elle n'était pas encore notre question et l'évolution des événements fera que cette question se posera pour notre génération d'une façon bien différente.

Et dans le même registre, un peu plus tard, il y aura la différence de perception des Mitki ; pour moi, ils ne furent jamais que les artistes officiels de la perestroika, quelque chose comme du Moukhina, heureusement en miniature, une pédagogie ou une acclimatation à la nouvelle forme de contrôle social, sur fond de thérapie de choc et d'accumulation primitive ... Tout compte fait, c'était nettement moins faux !

De toute façon, on ne peut pas vraiment se fâcher avec BG : il se fâche avec tout le monde, tout le temps ... Ce qui prouve qu'il se réconcilie tout aussi rapidement !

Autant écouter cela, avec Kuryokhin : Subway Culture, sorti en 1986 par Leo Feigin (Leo records).

Et si vous voulez vous documenter, passez par . 

mercredi 20 juin 2018

Porch Sam cassette


déstructuré et dansant ...


mardi 12 juin 2018

Un parfum d'aura


En retrouvant les premières Disintegration loops (dlp) de Basinski sur Bandcamp me sont revenues en mémoire d'autres œuvres, dans d'autres domaines, qui elles aussi travaillent autour de la disparition / désintégration ; certains travaux d'Araki à partir de tirages de négatifs abimés (Shijyo), les altérations vidéo de Jürgen Reble, Breizhiselad d'Eric Cordier, par exemple, tant d'autres travaux qui nous retiennent par la marque d'une absence mais en un sens particulier qui n'est pas celui du manque mais celui de la trace, présente et qui néanmoins nous échappe en s'effaçant. 
C'est à propos des œuvres d'art (et d'elles seulement si ma mémoire est bonne) que Benjamin introduit la notion d'aura comme "l’unique apparition d’un lointain, si proche soit-il". 
Ce qui nous retient dans ces œuvres est bien de l'ordre de l'aura au sens où ce qu'elles manifestent pourrait se résumer ainsi : "il y a qu'il y a eu".
Cependant, la perspective a changé ; ce qui nous retient, ce n'est pas le miracle que filtre encore vers nous quelque chose de ce qui fut, ce qui nous retient, c'est seulement ce sentiment que quelque chose fut et sous nos yeux disparaît lentement, ce mystère de la disparition ; ce qui nous retient, c'est un acte d'accusation contre l'hypermnésie du monde.


Un nouveau monde


Julie : Les gens vont s'entraider ... pour reconstruire ... je veux dire ... les survivants
Harry : Julie, je crois bien que ce sera le tour des insectes

Extrait des dialogues de Miracle Mile, le film, à voir pour ce qu'il est, et pas seulement pour la bande originale de Tangerine Dream.

Etrangement, nous y sommes ; l'apocalypse est passée sans que nous nous en apercevions vraiment (vous savez, "not with a bang but a whimper"). Notre absence complète d'empathie, de souci de l'autre nous vaudra bientôt d'être cités en exemple dans les termitières du "nouveau monde".


mercredi 4 avril 2018

Rozalia -- Rodion G.A.


Une faille spatio-temporelle assez étroite pour échapper à la Securitate avait permis au 13th Floor Elevator de faire surface à Cluj, au tournant des années 80 :




Si affinités, c'est ici.


A Guide to the Many Sun Ra Albums Now Available on Bandcamp


Spotify entre en Bourse ... profitez-en pour explorer Bandcamp ; pour Sun Ra, c'est par ici.


mardi 3 avril 2018

Jo Ha Kyu -- Gaspar Claus


Rien que du beau monde autour du violoncelliste Gaspar Claus pour ce projet : Eiko Ishibashi (voice,piano), Kazutoki Umezu (bass clarinet), Kakushin Nishihara (voice,satsuma biwa), SachikoM (sine waves), Jim O’Rourke (electric guitar), Kazuki Tomokawa (voice,guitar), Keiji Haino (voice,rudraveena,percussion) et Leonard Eto (taiko).





Gaspar Claus continue cette exploration avec Kakushin Nishihara et Serge Teyssot-Gay, au sein de Kintsugi





Ils étaient dimanche dernier à Kergrist-Moëllou (c'est !), avec Moon Gogo (troublante hybridation de la cithare coréenne geomungo avec la country); tant pis pour ceux qui n'y étaient pas ! Séance de rattrapage au Quartz ce soir.




Kintsugi, un bien beau nom, qui se rapporte à quelque chose comme un tiqqun domestique, à échelle humaine, à mille lieux du hideux "recyclage" qui inscrit la mort au sein même de l'objet.

jeudi 29 mars 2018

Espaces timbrés -- Jonathan Fitoussi et Clemens Hourriere


Net -- Sandra Bell


1991, from "down under", enfin en direct de la petite cabane à côté du grand "down under" ... Sandra Bell, Dreams of falling, "instant classic" sur XpressWay records (j'ai encore dans la tête les premières mesures de Industrial Night qui ouvre l'album et je revois exactement le moment où je les entendues la première fois !), juste à côté de This kind of punishment (A beard of bees), The Dead C (Harsh 70s Reality) ...

2018, "album of the day" sur Bandcamp, je tombe sur l'album de 1995 que j'avais raté à l'époque





et pour les nostalgiques (count me in ...) :



mardi 30 janvier 2018

Drew McDowall aux Instants Chavirés


La puissance du son, ce n'est pas le volume, c'est la mobilisation générale du spectre ; depuis sa domination pointilliste à la Alva Noto jusqu'à sa saturation totale à la Karkowski, en passant par les innombrables figures de la guérilla insaisissable à la Randy Yau.

Au sommet du concert, Drew McDowall souriait, bodhisattva bedonnant, immobile et attentif, trônant au cœur du prodigieux vortex qu'il venait de conjurer, entre ébranlements tectoniques et envols métalliques.

Plus méditatif, dans la veine du Time machines (Coil, dont il est le dernier survivant) :

Metal Aether -- Lea Bertucci


jeudi 21 décembre 2017

Solo Contra -- John McCowen


La vibration si rare de la clarinette contrebasse, par un disciple de Roscoe Mitchell ; le plus beau son de cette année :


jeudi 14 décembre 2017

Fire in the western world - Fred Cole (1948 - 2017)


The red sky's moaning and the wind is blowing hard
Better take warning 'cause this time it's gone too far
We been smokin' it more but enjoyin'it less
We better stop using or there'll be nothing left
The eyes of defiance are slowly being crushed to death
There's a fire in the western world

House in shambles, trip wire under the door
18, wasted, trying to hide the crack in the floor
Don't know what you're doing, don't really care
School's just a miss-hit going nowhere
You're running for your life while the scandal's
Are burning the stairs
There's a fire in the western world

Can't you hear the rooster crowing in the dead of the night
Don'tcha wanna trash'em, jackboots step out of line
It's a concrete jungle, stones and tears
Quickly becoming what everybody fears
It ain't just color the message keeps cuttin' clear
There's a fire in the western world






Toody Cole, Andrew Loomis, Fred Cole ... Dead Moon


Pour réécouter, Fred Cole memorial radio show sur MRR radio.




The way it is
 
Maybe we were meant to be like a heartbeat turning black
Wasted like the colors mixed while thieves steal out the black
It's like a broken smile, a step apart that gives you style
It doesn't need explaining you know it's fall when it starts raining
It's just the way it is

Touching through an open flame and sparks begin to fly
Looking for another way but you can't help passing by
It's not your enemy, it's the sense somehow you won't be free
It's only rank and file, trampled love, and walking wild
It's just the way it is

Within the crystal pains that we shattered long ago
Alone with what remains it's hard to let you know
In a no-win fight, I guess two wrongs don't make a right
We're in the dash between the way we are and what we've been
It's just the way it is