vendredi 3 mars 2017

François Fillon, 8 ans d'âge mental ?


Tous ceux qui ont eu à faire à des gamins de huit ans connaissent le refrain : le pot de confiture à demi-vide alors qu'il était plein une heure plus tôt, le gamin barbouillé de confiture jusqu'aux oreilles, personne d'autre à l'horizon, et en avant, c'est parti :
- Tu as mangé la moitié du pot ?
- C'est pas vrai, il était déjà à moitié vide quand je suis arrivé !
S'ensuivent quelques manoeuvres d'où il ressort que non, décidément, le pot devait bien être plein.
- Alors, tu as bien mangé la moitié du pot ?
- C'est pas moi, cela pourrait très bien être ma sœur !
S'ensuivent à nouveau quelques manœuvres d'où il ressort que non, sa sœur est à la piscine, donc cela ne peut pas être elle.
- Alors, c'est bien toi qui a mangé la moitié du pot ?
- C'est pas grave, le cousin René, il l'avait mangé en entier l'été dernier et on ne lui avait rien dit !

Et voilà, "C'est pas vrai, C'est pas moi, C'est pas grave", une stratégie argumentative qui fait sourire mais dont on finit par se lasser ; les gamins aussi, d'ailleurs, mais pas tous ... écoutez François Fillon :

- C'est pas vrai ... et de chipoter sur les chiffres.
- C'est pas moi ... sous une forme un peu plus alambiquée : on attaque le candidat au motif des turpitudes du député ! François Fillon candidat (4 millions de votants, dame !) n'est plus François Fillon François député, non, ce n'est pas lui, ou ce n'est plus lui.
- C'est pas grave ... les autres élus aussi etc.

Cela prêterait à sourire, mais qu'un candidat à la "magistrature suprême" trouve pour toute défense une stratégie de gamin de huit ans, cela laisse rêveur.

D'autant qu'au lieu d'opter pour cette stratégie risible, doublée d'un aplomb à la Tapie fort malvenu ("Tout est légal" ... la défense de gangster typique), notre parangon de vertu autoproclamé aurait très bien pu se fendre dès le début d'un habile et très catholique confiteor (bien appuyé quand même, le confiteor) ; cela aurait bien pu fonctionner.